A la recherche de la Faculté

 

-Peut-être pourrais je vous accompagner ? proposa Chub. Je n’ai rien à faire pour occuper mes journées à part manger du kalgal. Je me ferais un plaisir de vous aider dans votre voyage.

-Je ne sais pas. Il faudrait que nous en parlions entre nous.

-Pas de problèmes. J’ai un dîner en cours, dit-il en désignant le kalgal. Je vais aller le terminer un peu plus loin.

Sous les yeux ébahis de tous, Chub saisit la carcasse comme s’il eut s’agit d’un simple fagot de paille et alla la déposer à l’écart du groupe, laissant nos amis seuls pour discuter.

-Qu’en pensez vous ? demanda DJ.

-C’est un risque à prendre, dit Nirva .

-Je crois aussi, la soutint Petit-Pied. Il doit pouvoir être violent parfois, mais il est aussi un gage de sécurité. Sa masse d’arme en découragera plus d’un.

-Quelqu’un voit-il un objection à ce qu’il nous accompagne ?

Le silence suivit ces paroles.

-Bien, reprit DJ. Il sera donc du voyage.

On choisit également de passer la nuit à cet endroit. Chub fut heureux de la confiance qu’on lui accordait et passa la soirée à raconter des histoires de massacres et de carnages qui, si elles poussèrent Sarate à aller dormir tôt, passionnèrent les autres, et surtout Kro, qui demandait des détails sans cesse. Finalement chacun alla se coucher, rassuré par la présence d’un tel molosse.

Le lendemain, le petit groupe, fort d’une unité supplémentaire, continua sa progression dans les gouffres d’Ulm. La route était de plus en plus rude, le chemin de plus en plus étroit. On avançait maintenant sur un sentier de montagne poussiéreux entre pierres et cailloux. Sur la fin de l’après-midi, Sarate remarqua un vol inhabituel de Carcos, un petit oiseau craintif vivant dans les régions arides.

-C’est un mauvais signe, dit Chub. Ils fuient quelque chose ou quelqu’un.

-Des brigands ? demanda Pedrito.

Un cri déchira l’air au lointain.

-Pire encore… Des kalgals, répondit Chub.

-Mais tu les manges, toi, les kalgals, dit Sarate.

-Pas quand ils sont en troupeaux…

Arrêtons nous là pour décrire plus en détail ces créatures. Les kalgals sont immenses, mesurant jusqu’à deux fois un homme. Ils possèdent quatre membres qui leurs permettent et la station debout et la marche à quatre pattes. Ils sont donc extrêmement rapides malgré leur poids d’environ trois cents kilos. Ce sont des tueurs : leurs canines surdéveloppées et leurs griffes acérées en font parmi les bêtes les plus redoutées du monde. De plus, ils sont capables de s’adapter à quasiment tous les types de climats : arides dans les gouffres d’Ulm, froids dans les monts Tchouk loin au nord-ouest de Sreitiop. Il en existerait même une espèce amphibie. On peut donc imaginer quelle consternation suivit les propos de Chub. Heureusement, celui-ci ne perdait pas son sang-froid.

-Nous sommes bloqués ajouta-t-il.

Et effectivement, de chaque côté du sentier s’élevaient des tas de gravas, instables et dangereux . Au loin, le pas lourd du troupeau commençait à faire trembler le sol.

-Ils sont une bonne trentaine, murmura Nirva.

-Trente-deux précisément, corrigea Chub. Et d’ici quelques minutes, nous allons faire plus ample connaissance.

-Il faut monter plus haut. Peut-être ne nous verront-il pas…proposa Petit-Pied.

-Mais ils nous sentiront, dit Chub.

-Alors nous déclencherons un éboulis, répondit DJ. C’est là notre seule chance. Sarate, Nirva, Petit-Pied, à droite avec moi. Les autres à gauche.

 

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