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A la recherche de la Faculté
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Il versa dans de petits verres une gorgée de potion et fit boire nos amis. Le goût n'était pas désagréable, qui rappela à Gway'l un breuvage fabriqué dans sa région natale, à base de plantes.
-Evidemment, le breuvage dont je parle n'avait pas la faculté de développer le psychisme, au contraire ! souligna-t-il, déclenchant les rires parmi ses compagnons.
Mais laissons là nos personnages, et partons loin. Très loin. Dans l'espace, si l'on veut, puisque je vous emmène ailleurs ; dans le temps, je ne sais pas, puisque là où nous allons ensemble, il n'y a plus de temps. Ailleurs , me direz-vous donc, mais où-est-ce ? Pour tout vous avouer, je ne sais pas la localisation exacte. Ce n'est pas vraiment dans notre espace en fait. Ce n'est donc pas facile à situer…
Tout est blanc. Laiteux. Deux corps sont allongés sur le sol. Un homme aux longs cheveux, un autre qui pourrait être un nain. Peut-être en est-il un. Le premier commence à bouger. Il se réveille, comme s'il revenait d'un long, très long voyage. Il s'assoit sur le sol. Il ne comprend pas ce qu'il voit. Tout ce blanc autour de lui. Et puis il se souvient. Il baisse les yeux vers son torse. Il en est sûr pourtant. Mais il n'y a pas de blessure. Pas la moindre égratignure. Comme si la flèche ne l'avait jamais transpercé. Il sait pourtant qu'elle l'a tué. De ceci il est sûr. Il se rappelle de la douleur, vaguement. Tout est si lointain, tout semble s'éloigner dans son esprit. Il est mort. Et bien mort.
-Voici donc ce qui nous attend après la mort, murmure-t-il.
L'être étendu à ses côtés commence à marmonner. Piouv (*) tend la main, le secoue doucement.
-Greg, mon ami.
Le nain se réveille, peu à peu.
-Nous sommes morts ? demande-t-il.
-Oui, répond Piouv.
-Où sont la bière et les vierges alors ?
-Pardon ?
-Nous, les nains, croyons atteindre le paradis après la mort. Là nous attendent de la bière et des vierges.
-J'ai comme l'impression que vos croyances sont erronées, maître Nain. Vous sentez vous de marcher ?
-A vrai dire, je ne me sens plus de rien. C'est la première fois que je suis comme ça. Quelle sensation étrange…
-Heureusement que c'est la première fois. Vous n'êtes encore jamais mort, à ma connaissance.
-Vu comme ça…
Par chance (**), nos deux amis sont sur ce qui ressemble à une route. Blanche, évidemment. Une route entourée de collines, en pleine campagne. Tout semble identique au monde réel. Si ce n'est que tout est blanc(***). Une explication s'impose. Tout se qui meurt arrive ici : les oiseaux, les arbres, les routes, les villages, Piouv et Greg. C'est donc un monde parallèle en constante évolution que le monde des...
(*) S'agit-il vraiment de Piouv et de Greg ? Par soucis de clarté, nous les appellerons ainsi et vous laissons le soin de répondre aux questions suivantes : les morts sont-ils les mêmes que les vivants (une fois morts, sinon la question n'a pas de sens, évidemment) ? Peuvent-ils garder leur nom de vivant dans la mort ?
(**) Vous allez vraiment gober ça ?
(***) Effectivement, tout est blanc, ce qui peut poser un léger problème. Pas de couleurs, pas de noir. Le blanc existe-t-il sans le noir ? Bien entendu. Il suffit ensuite d'imaginer un paysage peint dans de différentes nuances de blanc. Le blanc cassé, le blanc mariage, le blanc clair et le blanc foncé bien évidemment, le fluo (avec modération), le blanc des yeux, le blanc des œufs ou n'importe quel autre ton parmi les 2754 recensés à l'heure actuelle.