A la recherche de la Faculté

 

...chargerait de conseiller pour le choix de ces personnes. A midi, les quatre étaient sept. Kro avait convaincu deux de ses amis : Sarate, jeune fille insouciante au possible mais très amicale, et Pedrito, dont Kro était secrètement amoureuse, un grand gars (moins que DJ quand même), assez mou mais jovial. Le septième, Nicomar , était là, non par hasard, mais presque. Sur les coups de onze heures, Petit-Pied, muni de son bâton, était sorti du village, à la recherche d’une quelconque activité. Il avait alors aperçu un bonhomme dans une clairière, s’exerçant au bâton lui aussi. Petit-Pied s’était approché et avait proposé un combat. Dix secondes plus tard et avec Nicomar (car c’était lui) sur le dos, il avait proposé un marché : cette lamentable défaite était gardée secrète et Nicomar les accompagnait dans leur quète. Marché conclu.

C’est donc à sept que notre compagnie s’ébranla en début d’après-midi vers Jirkane.

-Tu n’as pas prévenu ta mère ? demanda Nirva à Kro.

-Elle est déjà au courant. Tu vois le chat là-bas ? Eh bien c’est elle. A bientôt maman !

-Ah, d’accord…

Peu de temps après le départ de la compagnie, le vieux Coups, qui taillait sa haie, put voir l’homme à la cape noire débouler au grand galop sur la piste à la suite de nos jeunes gens. Et on l’entendit dire :

-Pratiquement, les gens sont pressés de nos jours…

La première semaine du voyage se déroula sans heurts. On faisait doucement connaissance et l’arc de Pedrito s’avérait fort utile pour chasser le nipal (pluriel nipaux), petit animal à la chair tendre et donc appréciée. Au troisième jour toutefois, alors que la troupe franchissait le col de Kalum, Petit-Pied crut apercevoir, loin en contrebas, une tâche progresser sur le sentier. Il prévint les autres et, d’un commun accord, on décida d’instaurer un tour de garde les nuits. Ce qui ne fut pas inutile d’ailleurs…

Huit jours après le départ, on dressa le campement pour la nuit dans une petite clairière. On avait atteint la vaste forêt de Jirkane, si vaste que la traverser prendrait une à deux semaines. Le dîner fut convivial, de nombreux nipaux repérés dans la journée ayant été invités à se joindre au festin. Finalement, tout le monde finit par se coucher. Nicomar prenait le premier tour de garde de la nuit. C’est sur le coup de minuit, alors qu’il commençait à somnoler, qu’il entendit un bruit, comme celui d’un sanglier dans un buisson. Discret donc. Il saisit son bâton et se glissa silencieusement vers le lieu d’où provenait le bruit. La nuit était claire et il put apercevoir l’ombre responsable du dérangement.. Un coup bien asséné plus tard, le cavalier à la cape se retrouvait devant le feu, entouré par les sept compagnons. DJ dit :

-Qui êtes vous ? Que faites vous là ? Pourquoi nous épiez vous ?

-Je ne vous épiais pas. Je m’appelle Colimaçon, avec une cédille. Je voyage vers Jirkane mais je crois m’être perdu dans la forêt.

-Vous voyagez seul ? demanda Nirva.

-Oui, effectivement.

-Inconscient, répondit Pedrito.

-Avec tous les brigands qui traînent, sans compter les bêtes sauvages, ajouta Petit-Pied.

-Il faut être fou ou idiot, conclut Kro.

-Vous n’avez qu’à voyager avec nous, dit DJ. Nous allons justement vers Jirkane .

-Je vous en remercie, répondit Colimaçon.

-Dormons maintenant. Demain, nous marchons. La progression dans cette forêt est lente et difficile. Et la route sera encore longue ensuite.

C’est ainsi que notre petit groupe accueillit en son sein Colimaçon, l’homme à la cape noire, l’ami de Malte. C’est sans incidents que se termina la nuit et, au petit matin, ce sont huit voyageurs qui reprirent la route. Dix jours plus tard, ils quittaient la forêt et, le lendemain,...

 

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