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A la recherche de la Faculté
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La vieille les mena à travers les longs couloirs du bâtiment. Des portraits terribles aux regards froids pendaient sur les murs.
-Des ancêtres, probablement, murmura Petit-Pied. Charmante famille.
Enfin, la vieille s’arrêta devant une porte, toqua quelques coups puis les introduisit dans un vaste bureau, au fond duquel se trouvait, de loin un éléphant de mer, de près un homme corpulent. Celui-ci leur tournait le dos, contemplant probablement un quelconque moustique égaré derrière la fenêtre. La vieille se retira sur la pointe des pieds et nos protagonistes se trouvèrent seuls avec le notaire. Celui-ci se retourna, lentement. Le strabisme aigu était bien aigu, à tel point qu’on pouvait se demander si le pauvre homme n’arrivait pas à voir derrière lui.
-Messieurs-dames, bonjour, lança-t-il. En quoi puis-je vous être utile ?
Sa voix avait la douceur d’un beuglement. Nirva et Petit-Pied avaient du mal à se retenir, mais le regard courroucé de DJ les ramena au calme.
-C’est au sujet de mon arrière grand-tante, la vieille Dniepr. Vous m’avez fait venir pour prendre possession de son héritage, dit-il.
-C’est donc vous. Je vous en prie, asseyez vous.
Un unique siège apparaissait dans le champ de vision de nos amis. DJ y pris place. Malte entreprit alors de contourner son bureau et alla fouiller sur une étagère. Au bout de quelques minutes, il finit par lever triomphalement un petit coffre de bois.
-Je l’ai, dit-il.
Il revint vers le bureau et y posa l’objet. Il s’agissait d’un coffre en bois, tout ce qu’il y a de plus classique.
-C’est tout ce qu’il lui restait. Sa maison a été achetée par un voisin et l’argent a servi à payer son enterrement. Elle était très pauvre vous savez. C’a été dur sur la fin. Elle était au bout du rouleau et radotait complètement. Elle affirmait appartenir à la faculté, vous vous imaginez un peu ? Non, elle était au bout du rouleau. Elle avait même commencé à attaquer le carton. La mort a été une délivrance.
-Pour elle ou pour vous ? rétorqua DJ.
Le visage de Malte se renfrogna.
-Ce coffre est à vous. Voici la clé.
Il tendit à DJ une petite clé fort ouvragée, en argent, tout du moins c’est ce que crut constater Petit-Pied. DJ saisit la chose, la tourna entre ses doigts, puis la fourra dans une de ses poches.
-Vous ne l’ouvrez pas ? demanda Malte.
-Je préfère faire ça seul, au calme. Cela m’évoque trop de souvenirs.
-Je comprends. J’espère que vous ferez un agréable voyage de retour.
-Merci, répondit DJ.
Il se leva, s’empara du coffret et, après un dernier salut, rejoignit ses trois compères qui l’attendaient déjà dans le couloir .
-Sortons maintenant, cette maison me file la chair de poule, dit Nirva.
Ils retrouvèrent seuls le chemin, la vieille ayant disparu. Une fois à l’air libre, Petit-Pied s’adressa à DJ, alors qu’ils remontaient la rue vers une auberge aperçue en arrivant :
-Tu ne lui fais pas confiance à Malte, hein ?
-Non, pas du tout.
-Parce que le coup des souvenirs alors que tu n’as pas connu ton arrière grand-tante…
-Fallait bien que je trouve une excuse…